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QUARTIER ROM (MAHALA) DE MITROVICA - KOSOVO

Les droits des Roms continuent d'être bafoués,
et toujours aucune réaction cohérente des institutions !

 

Suite à nos dernières inspections au Kosovo et particulièrement au quartier rom (Mahala) de Kosovska Mitrovica en août 2007, nous ne pouvons que nous désoler de voir que depuis 7 ans, malgré nos alertes sans cesse renouvelées à l'ensemble des instances et organisations internationales concernées (voir dossiers), la tragédie des Roms de Kosovska Mitrovica continue d'être ignorée au profit des jeux politiques, économiques et médiatiques !


Comme on le voit sur cette photo (cliquez sur les photos pour agrandir) prise en août 2006, on assiste à la construction d'habitations sur les propriétés des Roms récemment rasées aux bulldozers et à la dynamite. Ces constructions sont le résultat d'un projet lancé par le Danish Refugee Council qui présente un plan de retour pour les Roms de Mitrovica. Voici le document présentant ce projet, soutenu par l'Union Européenne - format pdf en anglais. Le but à long terme semble évidemment de pouvoir renvoyer du pays les Roms exilés au Danemark.

Ces appartements sont construits au bord de la rue Fabricka mais sur les propriétés de Roms qui avaient acheter ces terrains avant la guerre à la coopérative agraire "23 novembre". Ces habitations seront proposées en location au Roms des camps avoisinant. Il est choquant de constater que ces nouveaux bâtiments, équivalents en taille à une maison familliale de l'ancien quartier seront amménagés en appartements, c'est à dire en y logeant une famille (voir plus) par étage. Les locataires n'auront aucune garantie de loyer puisque les bails seront accordés pour un temps très limité. Ci-joint un document présentant l'appel pour la mise en procès de la Croix Rouge Danoise par l'association rom ROMA basée au danemark.

De plus, la carte du quartier rom présentée par le Danish Refugee Council est fausse, le quartier rom s'étend sur un territoire plus grand que celui présenté. Cela démontre soit une manipulation volontaire, soit une méconnaissance grave du sujet.


 
Outre le droit de propriété des Roms bafoué, ce projet est une pure aberration puisque l'un des principaux problèmes à résoudre avant de penser à un quelconque retour est celui de la sécurité des Roms au Kosovo. Ce territoire reste très dangereux pour les Roms*.

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Encore récemment, la 26 août, une grenade à été lancée sur le Café Dolce Vita (face au pont côté Nord) causant 9 blessés dont un policier anglais de l'UNMIK. 

Si des Roms reviennent habiter au quartier rom de Mitrovica, qui sera responsable en cas d'accident ou de mort ?

DANGER !  A l'heure actuelle, le quartier rom (Mahala) de Mitrovica est devenu un symbole médiatique sur les questions des Roms du Kosovo, en étroite relation avec celles du statut final du Kosovo. Les institutions et organisations internationales désireuses d'enterrer les problèmes profonds et de faire croire à une certaine stabilité sur le territoire du Kosovo appuit dans le sens du retour des Roms à Mitrovica, espérant faire bonne figure face à l'opinion publique. Encore une attitude manipulatrice envers les Roms qui pourrait ajouter des années désastreuses à celles déjà endurées.

Nous apprenons aussi que 57 maisons seront reconstruites dans le quartier rom de Mitrovica. Ces maisons seront donnés à des familles roms. Cependant, étant donné qu'un retour est impensable d'un point de vue sécuritaire, il est déjà prévu que ces maisons soient revendues à des albanais. Une manipulation qui conduit droit à la légalisation du nettoyage ethnique perpétué sur le peuple Rom du Kosovo.

Notons également que le quartier rom de Mitrovica n'est pas le seul à avoir été détruit depuis 1999 au Kosovo. En tout, quasiment 170 quartiers roms (Pec, Pristina, Kosovo Polje, Vucitrn, etc) ont été détruits, contraignant à l'exil ses habitants.  

 

  Les voix des Roms toujours ignorées...

Le plus absurde est que les voix des organisations roms directement concernées restent ignorées de ces mêmes institutions et organisations. Depuis 1999 les Roms ne sont jamais consultés concernant tous les divers plans, projets ou décisions relatives au quartier rom de Mitrovica aujourd'hui détruit. (voir document en serbe - pdf)
Les organisations -  telles le KRAF (Kosovo Roma Ashkali Forum) ou RADC (Roma Ashkali Documentacioni Centar, à Pristina et Mirovica) - seules reconnues par les instituions internationales, sous couvert de l'OSCE et ODHIR ne sont que des organisations fantômes, destinées à servir les intérêts économiques ou politiques de divers manipulateurs, tels Nicolae Gheorghe et de nombreux autres. Les problèmes sont camouflés. Depuis 2000, d'énormes subventions sont versées
(voir documents) pour des projets concernant les Roms de Mitrovica, ils n'en voient cependant jamais la couleur et leur situation ne fait qu'empirer d'année en année.

 

  La situation dans les camps de réfugiés ne s'amméliore pas...

Suite aux problèmes d'empoisonnement survenus (causés par la poussière chargée de plomb entraînée par le vent depuis d'ancien sites industriels) certains camps ont été déplacés. Encore une esbrouffe puisqu'ils ont été déplacés mais quelques 50m plus loin !!! Sur ces premières photos (cliquez pour agrandir), on voit les anciens emplacements des camps de Kablar et de Zitkovac, d'où les réfugiés ont été déplacés à Osterode.

          

Les photos suivantes montrent le camp d'Osterode en août 2006. Il s'agît d'un ancien camp militaire yougoslave, occupé par la suite par l'armée française. Les Roms sont logés dans des garages garnis d'une porte fenêtre où jusqu'à 12 personnes vivent dans un maximum de 20m². En tout il est prévu de reloger dans le camp d'Osterode environ 670 personnes, c'est à dire toutes les personnes et familles des anciens camps de Kablar, Zitkovac, Leposavic, etc.

Comme on le voit, ce "camp moderne" est entourré de barbelés. Les entrées et sorties sont limitées et sous "contrôle" de gardiens. Le camp est en fait géré par les Albanais et les Serbes et diverses associations internationales, présentes sur place mais incapables de résoudre les problèmes.

 

 
 


Pour l'amménagement du camp, la dépense s'est élevée à environ 2 millions d'euros. Pour le même prix n'aurait-il pas été plus judicieux de construire des maisons en dur là où les Roms seraient en sécurité ? Par exemple de l'autre côté du fleuve IBAR* (au pied de l'ancienne auto-école Crveni Signal, de la piscine et de Vodovod, voir photo à gauche).

*Cette proposition est émise par l'URYD depuis 2004 aux principaux organismes présents à Mitrovica. Elle a même été approuvée par les élus serbes locaux et offrirait une alternative plausible pour un retour paisible des Roms à Mitrovica.

 


  

 

Voici quelques lettres informatives affichées au camp d'Osterode. Toutes les informations sont écrites soit en albanais, en serbe ou en anglais, jamais en langue rom pourtant troisième langue consultative du Kosovo. Un des nombreux aspects de la non-reconnaissance envers les Roms.

 

 


 

 



 

 

 

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