DOSSIER 

APERCU SUR LES PRINCIPALES VAGUES MIGRATOIRES DES POPULATIONS ROMANI D'EX-YOUGOSLAVIE APRES LA 2EME GUERRE MONDIALE

 

 1ere vague - de 1965  à 1970 ;

On assiste à une première vague migratoire vers l’Europe occidentale (principalement vers l’Allemagne, la France, l’Autriche et l’Italie) pour des raisons principalement économiques - notamment le manque de travail. Les migrants, quelques milliers de personnes, étaient recensés à leur arrivée comme Yougloslaves.

En parallèle et pour les mêmes raisons, un flot de migration était sensible depuis le Kosovo et le sud de la Yougoslavie vers la Bosnie et la Slovénie.

 2eme vague – du milieu des années 80 à la fin des années 80 ;

On note l'apparition de problèmes ethniques dans les régions sensibles comme le Kosovo et la Serbie, instituant une forte discrimination sociale envers les Roms. Déjà on assistait à des attaques violentes envers les Roms. Ceci à conduit de nombreux  Roms, environ 10000 personnes, à rejoindre l'Europe occidentale. Ils se déclaraient à leur arrivée comme Albanais – à cette époque, l'asile était plus facilement obtenu en se déclarant comme tel. Depuis cette période, ces problèmes ethniques n’ont pas cessé et ce flot migratoire est resté plus ou moins constant jusqu'à 1999.
 

3eme vague - de 1989 à 1991 ; 

Avec la guerre de Bosnie-Croatie-Serbie on assiste à un flot migratoire d'environ 60 000 Roms de Bosnie, principalement vers l'Allemagne et en France. Les arrivants ont généralement été reconnus comme Bosniaques. Il est a noter que de nombreux migrants issus de cette vague n'ont toujours pas vu leur situation régularisée.

 
4eme vague - à partir de 1999 ;

Plus de 150 000 Roms du Kosovo et de Macédoine ont été contraints de fuir la guerre et les attaques albanaises dans le cadre d'une épuration ethnique et aujourd'hui plus de 90 % de la population romani du Kosovo est en exil. La population issue de cette vague se retrouve disséminée à travers toute l'Europe mais aussi les Etats-Unis et le Canada.

Aujourd'hui, la région du Kosovo restant totalement insécurisée, le retour apparaît comme impossible.

Une grande majorité ont vu leur situation régularisée.

  

Hormis la première vague, il est à noter que la grande majorité des départs depuis l'Ex-Yougoslavie a pour les Roms une origine liée à l'ethnicité et à la guerre. La plupart d'entre eux avaient des situations tout à fait honorables et en rejoignant l'Europe occidentale, ils n'étaient pas en quête d'un Eldorado. Pour beaucoup, la migration s'est accompagnée d'une baisse considérable du niveau de vie.

Pour les émigrants Roms, ils reste aujourd'hui de nombreux problèmes en suspend qui viennent s'ajouter aux problèmes courrant liés à l'exil. On notera notamment les problèmes particuliers liés à la population romani – par exemple la non-reconnaissance de leur langue et le manque de structures et de représentants adaptés reconnus. S'ajoutent les problèmes des personnes disparues, torturées ou tuées pour lesquelles aucune enquête sérieuse n'a pu être mise en place.  Les problèmes du patrimoine, des biens perdus et des dommages de guerre sont aujourd'hui en suspend et il est très difficile pour les Roms d'être informés sur ces questions.

 

Aujourd'hui se pose la question de l'avenir dans l'Union Européenne pour cette population ayant connu un véritable drame.

 

 

 

 

 

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