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DOSSIER RAPPORT
D'ENQUETE SUR LA SITUATION Depuis 1999, l’Association
Fleuve IBAR et l'U.R.Y.D. travaillent sur les questions concernant les Roms réfugiés
en Europe ayant quitté le territoire du Kosovo. A plusieurs reprises, des
membres de l’Association se sont rendus sur place,
pour enqueter, constater les
dégâts causés par la guerre, faire un état des lieux au niveau sécuritaire,
établir des statistiques et des bases de données (en relation avec
Paris/Mitrovica et Mitrovica/Paris).
Populations
roms dans certaines villes du Kosovo et Metohija (témoignages des réfugiés).
Témoignages
- Kosovska Mitrovica, 16 avril 2002, 8h30 (Nous
disposons d’un très grand nombre témoignages, principalement recueillis au
Nord de Mitrovica) Nous
buvons un café dans le bar DOLCE VITA. Devant nous, à quelques mètres se
trouve le pont IBAR, pont formant une barrière géographique vis-à-vis des
autres peuples. Nous discutons en se demandant quel est notre avenir ici. Nous sommes dans l’insécurité permanente, dit Rus, le garçon, tenancier du bar, se trouvant aux premières loges de tous les évènements. - Il y
a quelques jours, s'était un véritable chaos, regarde, mon frère, ça se
passe devant mon local, à 5 mètres de moi ! On voit encore des traces de sang.
Je me demande combien de temps le Kosovo sera encore dans le sang ? Pourquoi
tout ça continue encore ? - Dieu
seul le sait ! C’est très dangereux ici, dit Deki. Personne ne peut garantir
la paix. A chaque moment on peut disparaître ! Un habitant du village SUVI DO, se situant à côté du quartier rom (il désire rester anonyme pour sa propre sécurité), rajoute que c’est très triste de voir le quartier entier désert. Chaque jour, les Albanais démontent brique par brique les maisons des Roms. La K-FOR et les Nations Unies sont complètement aveugles, tout cela se passe devant leurs yeux , la destruction de la richesse et du patrimoine des Roms du quartier Rasadnik (toute la rue Fabricka). Je passe à côté de la base militaire de l'armée française à Mitrovica, nommée "MONICA" Elle se trouve à côté de l’ancienne auto-école Crveni Signal. De là, nous pouvons bien voir le reste du quartier, il y a moins de risques pour pouvoir photografier. Les militaires français refusent que l’on prenne des photos du quartier. J’ai demandé pour quelles raisons. Aucune réponse… A quelques mètres de nous, on voit très clairement que certains Albanais sont en train de saccager des maisons roms. Elles n'ont déjà plus de toit… Comment est-ce possible que tout cela se déroule en leur présence, sans qu’aucun militaire français n’intervienne ? Aucune réponse… Malgré ceci, un militaire français ajoute que quand il se lève le matin, c’est très triste de voir un quartier mort, qu'il s'agit d'un génocide et qu’il est très touché par ces évènements et par ce qu’il voit ici. Il dit que eux, les militaires, ils n'ont pas d'autre choix que d’obéir aux ordres. Comment
est assurée la sécurité ici ? - Sécurité, il n’y a pas de sécurité ! Pourquoi
n’y a t-il pas de sécurité ? - A chaque moment un incident peut arriver. Absolument aucune sécurité n‘est assurée. Nos vies sont en danger à chaque instant et l’avenir ne réserve aucune perspective. Quelle est votre situation aujourd'hui ? - Elle se dégrade de jour en jour, tout se détériore, rien ne s’améliore depuis 3 ans ! Aux albanais, ils ont tout donné. Quant à la population de la partie nord de Mitrovica (multi-ethnique), ils ne veulent que les chasser ! Vous avez dit «multi-ethnique», la partie nord n’est-elle pas uniquement serbe ? - Non,
ici il y a des Serbes (environ 25000), environ 3000 Albanais, des Bosniaques
aussi, des Turcs, des Roms, des Gorans, des Ashkalis, etc. L’épurement
ethnique a eu lieu dans tout le reste du Kosovo. Les Nations-Unies le savent. - Si, il y en a, mais dans des enclaves, elles sont enfermées, elles n'ont aucune liberté ! Mais comment savez-vous qu’ils ne sont pas de libres ? - Sous la protection de la K-FOR, ils viennent parfois à l’hôpital pour se soigner, ou alors ils nous arrive de les croiser sur les marchés. Ce sont eux qui nous racontent directement comment ça se passe pour eux de l’autre côté, ce sont eux qui nous parlent des dangers permanents qui les menaces et de leurs souffrances. Lors des entretiens, nous avons voulus en savoir plus sur les arrivées et les départs des réfugiés dans les camps. Il apparaît que beaucoup de réfugiés partent en majorité pour la Serbie et le Monténégro. Généralement, ils ne reviennent pas. Nous les avons questionné sur la vie dans les camps (Ce type de témoignage à été effectué auprès de plusieurs personnes, aussi bien à Cesmi Lug qu’à Zitkovac).: (sur la sécurité) - Ici personne n’assure la sécurité. A chaque moment ils peuvent venir au camp et faire de nous ce qu’ils veulent, même nous tuer si ils veulent, cela est arrivé il y a quelques jours, sur les collines, ils ont tiré sur nous avec des lances roquettes". -
Avec la présence de la K-for et des polices internationales, comment
est-possible ? - Ils s’en foutent ! (A propos de l’aide humanitaire. Il apparaît que pour les Roms, elle est soit minime et largement insuffisante, soit tout simplement inexistante) -
Pourquoi n’y a pas d’aide pour les roms dans les camps ? - C'est à eux qu'il faut demander ! -
Comment se fait-il qu'avec toutes les associations présentes vous n'ayez aucune
aide ? - Personne s’occupe de nous. Les journalistes arrivent, prennent des photos, ils nous filment, ils donnent quelques bonbons aux enfants, et c’est tout. Ils nous considèrent comme des martiens ! -
Comment ça se passe l'hivers ? Vous avez de quoi vous chauffer ? - Tu le sais, ici l’hivers est très froid. Au camp de Zitkovac, ont étaient sous les tentes, tous ensemble, les enfants, les femmes, les vieillards. Depuis début janvier (2000), rien que dans notre camp, 7 personnes sont mortes à cause du froid dont une femme avec son nouveau-né, un enfant de 5 ans et des personnes agées. Ici l’hivers, il fait très froid, ça peut gelé jusqu’à -25° !! -
Comment allez vous faire cet hivers ? Est-ce que les Nations-Unies vont vous
accorder une aide pour le chauffage, je ne sais pas, du bois par exemple ? - On n’a pas confiance en eux. Même si ils donnent, c’est juste pour l’image, pour se justifier. Ce n’est pas assez, un stère ou deux de bois pour le chauffage… -
Ca n’est pas assez ? - Mais non, les baraques n’ont pas d’isolation. On n’est plus sous les tentes mais on se demande quel est le mieux. En plus, les baraques peuvent prendre feu à cause des poêles. Ils sont de très mauvaise qualité. Le tube devient très vite rouge et alors ça peut prendre feu. En 2002, 5 baraques ont brûlé, en quelques minutes. On a eu de la chance avec toutes les difficultés qu'on a ici de pouvoir sauvé les vieillard et les enfants. Notre souffrance est immense. C’est très dur pour ces enfants malheureux qui n'ont aucune perspective pour l’avenir. Août
1999, extrait du journal personnel d'un des membres de l'URYD (Août
1999, camp de réfugiés à Zvecan, à l'école Vuk Karadzic) En ce jour de l’été du mois d'août, le soleil brille de ses rayons sur les réfugiés. Ils sont encore sous la terreur des nationalistes albanais et ont été obligés de quitter leur maison. Elles étaient là, au Kosovo depuis des siècles et ont été détruites. Le soleil réchauffent ses malheureux et je me dis que c'est au moins quelque chose que les nationaliste ne peuvent pas leur prendre, ça au moins il ne peuvent pas le voler. Aujourd’hui, ces personnes réfugiées et leur familles ont reçu la visite de quelques hauts responsables du Kosovo dont Mr Bernard Kouchner. Est-ce que une visite au hasard ou une visite humanitaire ? pour quelles raisons sont-ils ici ? A mon avis, c’est un coup médiatique. A l’école de Zvecan, il y a plus de 250 réfugiés roms ainsi qu'une famlille serbe, une famille bosniaque et 12 familles albanaises. Aucune hygyène; pas de salle de bain, pas de quoi laver les vêtements. Beaucoup de maladies contagieuses. Les réfugiés ne mangent que des conserves. Peut-être est-ce une des raisons pour lesquelles cet « homme de paix» est venu ici. Les réfugiés eux-même ne savent pas qu’ils souffrent de typhus. Ils soufrent de maladie des intestins, la gale je crois, toutes ces de maladies provoquées par le manque d’hygiène. Durant la visite des réfugiés, j’ai remarqué aussi bien Kouchner "l'humanitaire" que les personnes de Médecins sans Frontières (au fond de moi je pense "avec frontières"), personne n'a prit au moins un enfant dans ses bras (ni rom, ni serbe) pour l’embrasser comme ils ont l'habitude de le faire devant les caméras. J’ai remarqué aussi qu’ ils n’ont même pas serré la main des représentants roms et serbes. (On possède une cassette des cette visite) Cela signifie que Kouchner sait que les réfugiés sont malades, il a cache la vérité, comme beaucoup le font. Il a promit de trouver pour eux un refuge "sûr" et qu’a t’il fait ? Les réfugiés ont été déplacés au camp de Zitkovac, sous des tentes. Dans ces tentes ils n’avaient qu’un poêle qui servait pour tout, et un ou deux lits seulement. A cause du froid, 7 personnes sont mortes, dont une femme avec son nouveau-né, un enfant de 5 ans et des personnes agées. Après ils monté des baraques longues de 3 mètres sur 2. Réfléchissez un peu; les baraques ont été fabriquées avec des planches et… 45 d'entre elles ont brûlé. N’aurait il pas été mieux, au lieu de construire des baraques de faire rentrer les réfugiés dans leur maisons ? Où sont les maisons ? Détruites ! Comment peut on vivre avec cet hivers sans maisons ? Qui va aider les Roms et les autres réfugies à Mitrovica Nord et dans les autres villes et villages du Kosovo ? Est-ce que des réfugiés vont encore mourir de froid. Est-ce que les Roms seront toujours dans ces baraques, véritables poudrières ? Aujourd’hui à Kosovska Mitrovica nous n’avons toujours pas connu un vrai homme qui défende les droits des Roms, qui ne soit pas vendu ou qui ne travaille pas sous la menace de ceux-là même qui ont provoqué cette exode de la population rom. Quand je dis que nous avons du mal à trouver un leader, je ne pense pas au Askalis (ou Egyptiens). Eux ne se désignent pas, ils se désignent suivant les circonstances. Ils se créent une culture et une histoire artificielles. Par leur faute, cet exode s'est encore plus aggravé. Au Kosovo nous n’avons pas un leader rom, même si il existe les séparatistes qui règnent au Kosovo, soient ils sont Askalis présentés comme roms ou bien eux-mêmes se désignent comme Roms. Tout cela satisfait les besoins des médias internationaux car pour eux, qu'importe si quelq’un se présente comme rom alors qu'il ne l'est pas. Le problème est que beaucoup de ces personnes se déclarant Roms ne sont pas scolarisées, les personnes nées avan,t la guerre vivent en-dessous du seuil minimum de pauvreté. Ils ont des représentant qui ne savent pas eux-même comment se nomme leur groupe ethnique. Ils se présentent comme ça les arrange. Tout cela à entraîné de grandes confusions. Je veux bien qu l'on dise qu’il y aient des Roms au Kosovo, mais où ? Il y a des Roms vendus (pour x raisons), ou bien dans les camps, des Roms vivant dans la pire misère et qui supportent les plus lourdes hostilités et les maltraitances. Ces derniers temps plusieurs enfants roms ont été violé et torturé par des Askalis. Un enfant a été brûlé vivant. Les médias mondiaux sont au courrant et jouent les aveugles. Je ne dis pas bien sûr que tous les Ashkalis soient mauvais. ...
Estimations de la
population roms dans quelques villes du Kosovo -
2002 Il est très difficile de connaître le nombre exact de roms encore présents au Kosovo. L’OSCE, les Nations-Unies et différentes ONGs se trouvant actuellement en place au Kosovo ne connaissent pas assez la population rom. Ils font une grande confusion entre les Roms, les Ashkalis (ou Egyptiens), ce qui a pour conséquence une importante désinformation au niveau des médias mondiaux. Il ne sera possible de connaître le nombre exact de Roms se trouvant aujourd’hui au Kosovo, uniquement si les différentes ONGs travaillent avec les Roms eux-mêmes sur cette question, qu’ils soit originaires du Kosovo ou du reste de la Serbie. Seuls les Roms connaissent bien les 3 langues de ces régions (rom, serbe et albanais), et ont une profonde connaissance des différentes ethnies. Lorsque nous sommes en conversation directe, nous pouvons savoir immédiatement à quel groupe ethnique appartient notre interlocuteur. Si le travail continue de la façon dont il est effectué actuelement, il en résultera des statistiques erronées ne correspondent pas à la réalité. Ce type de manipulations peut avoir des conséquences catastrophiques. (+ ? signifie que des familles sont présentes mais l’on ignore combien) Ville
Roms
Ashkali
total Kos.Mitrovica (Nord) 3 familles 27 familles 238 pers. Kos.Mitrovica (Sud) 0 + ? ? Zitkovac 1 famille 22 familles env. 200 Leposavic 13 familles + ? ? Prvi Tunel 0 + ? ? Pristina 0 0 0 Obilic 2 familles 1 + ? ? Plemetina 52 familles de Roms, Ashkalis (ou Egyptiens) 2 Preluzje quelques familles 3 ? ? Kosovo Polje 10 à 15 familles ? ? Pec 0 ? ? Vucitrn 0 nombreux ? Podujevo 0 ? ? Srbica 0 ? ? Djkovica 0 + ? ? Prizren ? + ? ? Lipljan 0 23 familles ? 1
Ces deux familles vivent parmi des Serbes. Ils sont chaudronniers (Kovac). 2
Ces 52 familles proviennent d’Obilic, de Pristina et des villages avoisinants.
Elles vivent dans un camp où dominent les Ashkalis. Ces derniers portent
l’uniforme du TMK (teritorijal mbrojta e kosoves) et maltraitent régulièrement
le reste de la population romani. 3 Ces familles sont des Roms dits « Bugurdjije » .Ils vivent parmi les Serbes. Au camp de réfugiés Cesmin Lug, il y a seulement 3 familles; Pejoni, Farije, Samija Gusani (et non pas 250 roms, comme cela a été dit). Au camp de Zitkovac il n'y a qu'une seule famille, celle de Feriz Sana. Les autres réfugiés sont Askalis. Le problème est que de nombreux Askalis se déclarent comme rom. Au camp
de Leposavic nous avons dénombré 13
familles ; les Begesi (originaire de Vucitrna), Fazli Baskim (Pristina),
Bljulji (Mitrovica), Jahic Bakija (Mitrovica),
Miftri Djulja (Pristina), Gasi Aslan (Kline)
et sept familles Gusani (Mitrovica).
Les autres réfugiés étaient tous askalis mais se déclarant comme roms.
Rapport publié par l'U.R.Y.D. - 2002
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